Peaky Blinders : une saison 5 en demi-teinte

3 min read

Après plus d’un an et demi d’attente, la saison 5 de Peaky Blinders est arrivée fin août sur BBC One et a été diffusée à l’international en Octobre notamment sur Netflix.

Attention spoilers si vous n’avez pas vu les saisons précédentes !

Une période sombre

Après les mafieux des premières saisons, le réalisateur Steven Knight s’attaque à un très gros morceau de l’Histoire en inscrivant les protagonistes dans le climat anxiogène du krash boursier de 1929 et de la montée du fascisme qui s’en est suivi.

En 6 petits épisodes, la famille Shelby va se retrouver dans un sombre tourbillon l’amenant à jongler sur de très nombreux fronts : politique, le business familial, climat social et guerre intestines.

La famille Shelby

Si vous suivez la plus puissante famille de Birmingham depuis le début, vous le savez, elle n’est pas un modèle de stabilité mais reste malgré tout soudée et solidaire face aux épreuves.

La somme des sujets à adresser commence à faire douter les membres de la team Shelby sur la capacité à Tommy de tout assumer. Devenu député de Birmingham à l’issue de la saison 4, sa vie publique et politique lui prends un temps considérable rendant la gestion des affaires familiales plus complexe.

L’arrivée de l’ambitieuse Gina, la femme de Michael, incarnée par Anya Taylor-Joy ainsi que la rechute d’Arthur dans ses vieux démons va donner du fil à retordre à Tommy pour garder le cap.

Un ennemi invisible

L’un des des plus redoutables adversaire de Tommy dans cette saison est la montée du fascisme. Ces idées nauséabondes seront portées à l’écran par le redoutable personnage d’Oswald Mosley incarné avec talent par Sam Claflin.

Cette véritable figure historique du mouvement fasciste au Royaume Uni qui fut par la suite un proche d’Hitler porta les idées antisémites et dictatoriales dans les hautes sphères anglaises. Bref vous l’aurez compris, une bien belle personne.

La rencontre entre Tommy et Oswald n’est que fiction, mais cela permet de matérialiser l’opposition du socialiste convaincu qu’est Tommy et les idées de l’époque qui le terrifie. D’autant qu’Oswald n’est qu’une représentation de ce mouvement de pensée et qu’une idée reste par nature invisible et extrêmement difficile à éliminer.

Tommy : la fuite vers l’avant

Les traumatismes se sont accumulés depuis les premières saisons avec la perte d’êtres chers. La plus douloureuse restant irrémédiablement la tragique disparition de Grace qui le hantera jusqu’à la fin de sa vie.

Cillian Murphy incarne avec brio un Thomas Shelby plus épuisé que jamais à l’écran. Partagé entre ses douleurs personnelles et toutes les responsabilités qu’il se doit de porter, on le sent sur le fil et plus proche de la rupture à chaque seconde qui passe.

En ce sens, cette saison est très certainement l’une des plus sombre avec un Thomas plus affaibli que jamais pour qui il nous est difficile de trouver une issue favorable

Une photographie toujours dingue

Côté production et photo, rien à dire, le nouveau réalisateur Anthony Byrne reprends les codes posés les premières saisons et c’est visuellement dingue. Mention spéciale aux plans dans le champ dans le second épisode (que l’on peut découvrir en ouverture de la bande annonce)

Une bande son toujours rock

Depuis la première saison la bande son tranche franchement avec l’époque. Pour accompagner les aventures des malfrats de Birmingham ce sont des grands noms du rock qui habille la série en plus de la bande originale.

Cette saison 5 reste dans la même lignée avec du Black Sabbath, Joy Division ou bien Radiohead.

Cette saison c’est à Anna Calvi qu’a été confié la responsabilité de composer la bande originale

Une saison 5 en demi-teinte

Cette saison sombre et complexe est parfois.. ennuyeuse.

Je m’explique : la narration sur chaque saison s’appuie sur une montée lente et progressive jusqu’au climax final du sixième épisode. La particularité de cette saison est qu’elle ouvre un arc narratif devant se conclure sur la septième et ultime saison qui aura très certainement lieu au début de la seconde guerre mondiale.

En d’autres termes, ce sont les fondations de l’histoire qui sont posées ici tandis que la série nous avait plutôt habituée à conclure sur l’épisode final ses arcs narratifs comme pour la fin de Luca Changretta (Adrien Brody) en saison 4.

En plus de certaines lenteurs dans le déroulé de l’intrigue, cette saison 5 est parfois borderline et prends le risque sur certains twists de tomber dans le fan service préférant faire plaisir au spectateur que porter une histoire cohérente.

Que l’on ne se trompe pas : Peaky Blinders reste un must see, largement au dessus de la majorité des shows. Porté par la qualité de ses acteurs, l’écriture, la production et la bande son, la série de Steven Knight mérite amplement son énorme succès.

Maintenant, il faut s’armer de patience en attendant la saison 6.