Clap de fin pour The Good Place

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La série créée par Michael Schur se retire des écrans après 4 saisons et 53 chapitres. L’épisode final est disponible sur Netflix.

Le pitch

Eleanor arrive après sa mort au Bon Endroit, endroit réservé à l’élite : seules les personnes les plus méritantes et exceptionnelles y ont droit. Mais petit problème, elle découvre rapidement que l’arrivée en ces lieux est… une erreur. S’en suivent alors un flot d’événements troublants.

La philosophie au cœur de l’histoire

La série place au centre de la narration la réflexion philosophique avec en particulier de nombreux dilemmes sur ce qui fait de nous des gens de bien ou non.

Là où la série se révèle géniale, c’est qu’elle réussit à mêler de nombreuses théories complexes à un humour léger et des histoires émouvantes.

Au fil des 4 saisons, nous suivons la progression de nos protagonistes. Entre le premier et le dernier chapitre, l’écart est immense pour chacun d’eux qui ont appris de leurs défauts et ont évolué. Et c’est là où se situe au final le thème central de la série : elle porte une vision humaniste défendant l’idée que chacun d’entre nous peut s’améliorer et devenir quelqu’un de meilleurs.

Aristote, Socrate, la liste est longue des sujets abordés. Il y’en a cependant un qui revient fréquemment et qui illustre bien la série : le dilemme du Tramway

Une personne peut effectuer un geste qui bénéficiera à un groupe de personnes A, mais, ce faisant, nuira à une personne B ; dans ces circonstances, est-il moral pour la personne d’effectuer ce geste ?

https://fr.wikipedia.org/wiki/Dilemme_du_tramway

Un humour décapant

Le challenge était de réussir à aborder des sujets difficiles en toute légèreté. Le pari est largement relevé, les instants de réflexion laissent très rapidement la place aux rires. Soit par des situations absolument incroyable (au hasard des crevettes volantes) ou bien un humour extrêmement basique à base de caca prout.

Tout ceci est possible grâce au panel de personnages que nous offre la série. Leurs profondes différences nous permettent de naviguer d’un thème à l’autre. Passant de la superficielle Tahani à la fourberie d’Eleanor ou bien la bêtise de Jason.

De plus, le fait d’être diffusé sur le network national NBC emmène aussi une contrainte forte pour les scénaristes : impossible d’employer le moindre juron à l’antenne. Or, ils ont réussi à faire de ce détail une force : automatiquement les jurons se transforment en mots banal. Ainsi “bitch” se transforme en “bench” ou “bullshit” devient “bullshirt”.

Casting de choix

La pétillante troupe d’acteurs y est pour beaucoup dans le succès de la série.

Kirsten Bell

Connu pour incarner l’enquêtrice Veronica Mars dans la série éponyme, c’est elle qui porte le personnage d’Eleanor Shellstrop. Son personnage profondément égocentré et fourbe est au cœur de la narration.

Celle qui a incarné la voix dans Gossip Girl pendant plus de 120 épisodes est revenu l’été dernier dans une 4ème saison de Véronica Mars.

Jameela Jamil

Très fortement engagée dans la lutte pour le body positive, la britannique actrice et présentatrice incarne la très riche et superficielle Tahani. Son personnage balance en permanence des anecdotes aussi hilarantes qu’improbables sur de nombreuses célébrités.

Très active sur Twitter et Instagram, elle a notamment lancé le mouvement I Weight luttant contre l’obsession lié au poids.

William Jackson Harper

En dehors de quelques rôles à Broadway, pas de grande carrière avant The Good Place. Il envisageait même d’abandonner le métier. Finalement après un casting réussi, il débarque dans la série pour incarner un rôle absolument central : celui de Chidi Anagonye, professeur d’éthique et de morale. Très angoissé et incapable de prendre une décision, il va se retrouver être l’âme soeur d’Eléanor. Ainsi s’affronteront deux visions de la vie : la morale de Chidi et l’égocentrisme d’Eleanor.

Ce rôle est un pilier de l’histoire : il porte toute la réflexion philosophique. Dès qu’une situation nécessite une décision, il partage son savoir encyclopédique avec ses camarades afin de faire avancer le groupe dans la meilleure direction (ou pas).

Manny Jacinto

L’acteur canadien porte la lourde responsabilité d’incarner Jason Mendoza. Loin d’être un intellectuel il est le principal ressort comique de la série. Peu importe la situation, il sera en total décalage avec ses camarades malgré une touchante bienveillance. Son approche enfantine des situations donne aux moments douloureux et émouvants un soupçon de légèreté. Il permet également d’offrir un autre regard lorsque la théorie déroulée par Chidi n’offre qu’un lot d’options restreints.

Ted Danson

L’américain multi-récompensé (Emmy Awards, Golden Globes..) est un fin connaisseur de l’univers sériel. Depuis les années 80 on a pu le voir dans Cheers, Damages, ou bien Les Experts. Il rejoint le casting de The Good Place en 2016 dans le rôle de Michael.

Architecte du Bon Endroit son rôle est d’imaginer et concevoir le quartier dans lequel évolueront les habitants de l’au-de-là. Sa vision de son métier l’amènera à se lier d’amitié avec certains habitant l’entraînant dans des aventures loin de son plan de carrière.

D’Arcy Carden

C’est le rôle de Janet dans The Good Place qui la mettra sous le feu des projecteurs. Janet n’est autre qu’une sorte d’humanoïde omniscient capable de répondre à l’ensemble de vos désirs dans l’instant. Elle assiste Michael dans son rôle d’architecture et se liera d’amitié avec les autres protagonistes.

On la retrouve désormais dans les séries Barry et Bonding.

The Good Place : à ne pas manquer

Je pense qu’il s’agit d’une des série les plus intelligentes de la décennie. Oscillant entre humour ultra léger grâce aux absurdités lancées par Jason ou les punchlines bien senties d’Eléanor tout en apportant un regard instructif sur la vie avec les références apportées par Chadi sur le sens des choses.

Les véritables questions étant : qu’est-ce qui est réellement moral ? et comment pouvons nous devenir meilleurs chaque jour ?