Peaky Blinders : un must-see

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Alors que la date de diffusion de la saison 5 a été annoncée pour ce 25 Août sur BBC One. Retour sur une des séries les plus emblématiques du channel public anglais.

Le pitch

A la sortie de la 1ère guerre mondiale, dans les années 1919, la fratrie Shelby emmenée par leur leader charismatique Thomas « Tommy » dirigent le célèbre gang de Birmingham : les Peaky Blinders (entendez « aveugleurs à visière »). Connu pour planquer des lames dans leurs casquettes leur permettant de les utiliser comme arme et ainsi aveugler leurs victimes.

Le gang vie de divers trafics, rackets, paris illégaux et contrebande. Les 4 premières saisons narrent la montée en puissance de la fratrie usant d’alliances à la fois avec d’autres gangs mais également avec le gouvernement de Churchill et la police locale.

Un casting de choix

Le succès du show repose en premier lieux sur le choix du casting et notamment son acteur principal : Cillian Murphy.

L’acteur irlandais de 43 ans a déjà une carrière bien fournie derrière lui avec notamment des rôles majeurs dans des films de Danny Boyle (révélé dans 28 jours plus tard) mais également chez Christopher Nolan (la saga Batman et l’incontournable Inception).

La « gueule » torturée, le charisme de l’acteur ainsi que son expérience fait de lui une pièce majeure dans le succès du show.

Bien qu’excellent, un acteur ne fait pas à lui seul une bonne série. Les seconds rôles sont tout aussi bon.

La Famille est au cœur des aventures et bien que très souvent seul à prendre les décision, Thomas oeuvre (et manipule) son entourage proche. Son premier cercle est incarné avec brio (entre autre) par Helen McCrory (Polly Shelby), Joe Cole (John Shelby), Paul Anderson (Arthur Shelby Junior), et Sophie Rundle (Esme Shelby).

D’autres guests font leur apparition et non des moindres avec notamment un certain Tom Hardy (Batman : The Dark Knight de Nolan, The Revenant, Mad Max Fury Road…).

En saison 4, c’est Adrien Brody (oscarisé pour le Pianiste de Polanski, et tournant pour les plus grands comme Woody Allen ou Wes Anderson) qui joue les antagonistes et donnera du fil à retordre au clan Shelby.

Le script

Chacune des 4 saisons est composée de 6 épisodes d’environ 59 minutes. De quoi permettre au showrunner Steven Knight (scénariste sur Les Promesses de l’Ombre, Alliés, ..) d’apporter un véritable fond à l’histoire sans avoir à combler avec un trop grand nombre d’épisodes. Là où la série se détache, c’est réellement par une écriture audacieuse. Même si par moment on pourra regretter quelques lenteurs, la narration est complexe et nous tient parfaitement en haleine du début à la fin.

Les plans de Tommy, qui ne se déroulent que très rarement sans accro, s’appuient sur de nombreuses alliances et combines rendant l’issue très incertaine et offrant aux spectateurs de nombreux twists. Certains plus douloureux que d’autres.

L’ambiance

Les événements se déroulent dans l’après guerre. L’effort autour des décors et des habits est réellement bluffant. Je ne saurai jugé de la véracité des tenues (s’habillaient-ils réellement comme ça dans les années 20 ?), mais pour le spectateur l’ambiance est posée.

On se retrouve parfaitement embarqué dans les usines et les rues de Birmingham. D’ailleurs, il semblerait qu’une partie de la ville présente à l’écran existe réellement et se trouve en partie à Liverpool (où se trouve également un bar ambiance Peaky Blinders).

L’ambiance se joue aussi derrière la caméra et chapeau à la direction de la photographie. La colorimétrie très vintage des images renforce grandement l’ère « industrielle » dans laquelle gravite les protagonistes.

Les plans dignes de finir en poster se comptent à la pelle tant le soin apporté à l’image est important.

Quelques illustrations :

La musique

Le générique d’ouverture Red Right Hand (1994) est un titre du célèbre bluesman Nick Cave And The Bad Seeds. Sa voix lourde pose immédiatement l’ambiance de la série.

Au fil des épisodes, le générique est réinterprété par d’autres artistes de renoms tel que les Arctic Monkeys, PJ Harvey ou même un duo Iggy Pop/Jarvis Cocker.

La musique joue un rôle majeur dans le show. Volontairement anachronique, les titres plutôt rock s’enchaînent et dès lors que l’on est friand de ce type de musiques on est rapidement accroché à Shazam.

Si un épisode dans ces 4 saisons se détache d’un point de vu bande son, c’est clairement le final de la saison 2 faisant la part belle à l’album AM des Arctic Monkeys.

La liste serait trop longue, mais quelques groupes présents : The White Stripes, Nick Cave, The Raconteurs, Tom Waits, Jack White, Johnny Cash, PJ Harvey, Dan Auerbach, The Kills, Radiohead, Foals, Franck Carter & The Rattlesnakes… Difficile de faire mieux.

ARTE (diffuseur en France) a mis en ligne la tracklist sur son compte Deezer :

Où regarder ?

Outre manche, c’est l’incontournable BBC (Doctor Who, Sherlock, Luther..) qui produit et diffuse le show. En France c’est Arte qui a la main mise sur les droits pour la diffusion sur les canaux traditionnels et Netflix pour la version digitale.

A noter que la future saison monte en grade, elle passe du channel BBC Two à BBC One. Gage de la position de pièce maîtresse dans la grille du channel anglais.

Un coffret contenant les 4 saisons est également disponible sur le site de la FNAC.

By order of the Peaky fuckin’ Blinders

Le show ultra prenant offre une immersion totale. Très difficile de sortir indemne de ces 4 saisons et de retrouver une série de cette dimension là après cette expérience. Mention spéciale pour la bande son.

C’est sombre, immersif, rock’n roll et impitoyable. Bref, par ordre des Peaky funckin’ Blinders : c’est à voir impérativement !

A quand la suite ?

BBC a annoncé la diffusion de la saison 5 pour le 25 Août 2019. A ce jour, pas de date encore annoncée en France sur Arte ou Netflix. Mais cela ne devrait plus tarder.